Dengue

Arbovirose à Flavivirus — 4 sérotypes (DENV-1 à DENV-4)

Première cause de fièvre au retour de voyage après le paludisme. 429 cas déclarés en Suisse en 2024 — record historique. Maladie bénigne dans la grande majorité des cas chez le voyageur, mais la phase critique (à la défervescence) peut être piégeuse. Pas de traitement spécifique — le suivi clinico-biologique rigoureux est la clé.

Dernière mise à jour : mars 2026Dr. L. Cobuccio

Épidémiologie

Données mondiales

  • 2024 : année record — >14,4 millions de cas déclarés à l'OMS, dont 7,7 millions confirmés en laboratoire, 52 738 cas sévères, 11 201 décès[8,22]
  • Les Amériques représentent >90 % des cas en 2024 ; Brésil seul : >10 millions de cas et 6 321 décès[8]
  • Transmission endémique dans >100 pays ; >5,6 milliards de personnes à risque[25]
  • 4 sérotypes (DENV-1 à DENV-4) ; distribution géographique et temporelle variable ; co-circulation fréquente

Contexte suisse

  • En 2024, 429 cas confirmés déclarés à l'OFSP — nombre jamais atteint ; en forte hausse après le creux COVID (26 cas en 2021, 261 en 2023)[1]
  • Tous les cas sont exclusivement importés ; aucune transmission autochtone documentée en Suisse à ce jour[1]
  • Provenance principale : Asie du Sud-Est (50,4 %), Asie du Sud (14,9 %), Caraïbes (10,9 %), Amérique du Sud (9,2 %)[2]
  • Déclaration obligatoire — délai 1 semaine : laboratoire → OFSP via CH-ELM ; médecin → médecin cantonal[1]

Dengue chez le voyageur — données GeoSentinel

ParamètreDonnéesSource
Cohorte GeoSentinel 2007–20225 958 voyageurs avec dengue ; âge médian 33 ans, 50,5 % femmes, durée médiane du voyage 21 jours[2]
Dengue compliquée95/5 958 (1,6 %) compliquées, dont 27 (0,5 %) sévères ; 1 seul décès (cause non liée à la dengue)[2,3]
Hospitalisation26,7 % des voyageurs hospitalisés[2]
Anomalies biologiques (cas compliqués)Thrombopénie 78 %, transaminases élevées 62 %, saignement 52 %, fuite plasmatique 20 %[3]

Contexte européen — émergence autochtone

  • Italie 2024 : plus grande épidémie autochtone jamais enregistrée en Europe — 86 cas confirmés à Fano (Marche), DENV-2[4]
  • France 2024 : record de 85 cas autochtones[5]
  • Aedes albopictus (moustique tigre) présent au Tessin et dans d'autres régions frontalières du sud de la Suisse ; compétence vectorielle confirmée pour au moins 3 sérotypes DENV[7]
  • Augmentation progressive des événements de transmission locale d'arbovirus à Aedes en Europe ; en moyenne ×1,25 chaque année[27]

⚠ Maladie fréquente mais rarement sévère chez le voyageur

Mortalité <0,1 % dans la cohorte GeoSentinel (1/5 958)[2]. Rassurer le patient tout en maintenant une surveillance rigoureuse pendant la phase critique (J3–J7).

Répartition géographique

Distribution géographique de la dengue dans le monde
Distribution mondiale de la dengue. La transmission est endémique dans >100 pays, principalement en zone intertropicale.[8]
  • Zones à plus haut risque pour le voyageur suisse : Asie du Sud-Est (Thaïlande, Indonésie, Vietnam, Philippines), sous-continent indien, Amérique latine et Caraïbes[2]
  • Incidence chez le voyageur pouvant atteindre 58,7 cas pour 1 000 personnes-mois de voyage dans les études prospectives[26]
  • Le risque varie selon la saison (mousson, saison des pluies), la destination et la durée du séjour

Transmission & incubation

  • Vecteur principal : Aedes aegypti — moustique à activité diurne, avec pics au lever et au coucher du soleil
  • Vecteur secondaire : Aedes albopictus (moustique tigre) — présent en Europe méridionale et au Tessin, compétence vectorielle confirmée[7]
  • Pas de transmission interhumaine directe ; transmission verticale et par transfusion exceptionnelle
  • Incubation : 3–14 jours (typiquement 5–7 jours)[9,10]

Piqûres diurnes

Contrairement à l'anophèle (paludisme), Aedes pique pendant la journée. Les moustiquaires de lit ne suffisent pas — insister sur les répulsifs cutanés et les vêtements couvrants en journée.

Présentation clinique

Phases de la maladie (classification OMS 2009/2025)

La dengue évolue en trois phases. La compréhension de cette séquence est essentielle pour anticiper les complications.[9,10,11]

PhaseTimingCaractéristiques clés
FébrileJ1–J7Fièvre élevée (≤40 °C), céphalées, douleurs rétro-orbitaires, myalgies intenses (« breakbone fever »), rash, nausées
Critique~J3–J7 (défervescence)Fuite plasmatique, thrombopénie profonde, risque de choc et hémorragie — survient à la chute de la fièvre
RécupérationJ7–J10+Réabsorption liquidienne, rash de convalescence (prurigineux), remontée plaquettaire, asthénie souvent prolongée

Phase fébrile (J1–J7)

  • Fièvre élevée d'installation brutale, durée 2–7 jours
  • Céphalées frontales, douleurs rétro-orbitaires (aggravées par les mouvements oculaires)
  • Myalgies et arthralgies intenses
  • Rash maculo-papulaire (>50 % des cas), apparition souvent après quelques jours de fièvre
  • Injection conjonctivale, érythème pharyngé, adénopathies, hépatomégalie (20–50 % des cas)
  • Leucopénie et thrombopénie fréquentes ; ALAT/ASAT modérément élevées (2–5× N)

Warning signs — phase critique (défervescence)

La chute de la fièvre marque souvent le début de la phase critique. Les warning signs suivants doivent être recherchés activement :[9,10,11]

⚠ Signes de danger (warning signs OMS)

  • Douleur abdominale intense ou sensibilité à la palpation
  • Vomissements persistants (≥3 épisodes en 24 h)
  • Accumulation liquidienne clinique (épanchement pleural, ascite)
  • Saignement muqueux (épistaxis, gingivorragies, métrorragie)
  • Léthargie ou agitation
  • Hépatomégalie >2 cm
  • Augmentation de l'hématocrite avec chute rapide des plaquettes

Dengue sévère

Rare chez le voyageur (~0,5 % selon GeoSentinel)[3]. Au moins un des critères suivants :

  1. Fuite plasmatique sévère : choc hypovolémique (compensé : PAS maintenue avec PP <20 mmHg ; décompensé : PAS <90 mmHg) et/ou détresse respiratoire par accumulation liquidienne
  2. Saignement sévère : évalué cliniquement par le praticien
  3. Défaillance d'organe : ASAT ou ALAT >1 000 UI/L ; troubles de la conscience ; myocardite ; atteinte d'autres organes

Groupes de prise en charge (OMS/PAHO)

GroupeDéfinitionPrise en charge
ADengue sans warning signs, sans facteurs de risqueSuivi ambulatoire
B1Dengue sans warning signs mais avec facteurs de risque (grossesse, nourrisson, âge avancé, comorbidités, isolement social)Observation rapprochée
B2Dengue avec warning signsHospitalisation, remplissage IV
CDengue sévèreSoins intensifs

Classification selon OMS/PAHO 2024[11]

Complications atypiques

  • Myocardite dengue : complication sous-estimée ; la plupart autolimitées mais évolution vers l'insuffisance cardiaque possible ; suspicion devant anomalie ECG ou élévation de troponine[28]
  • Encéphalite / méningite : rare ; incluse dans les « expanded dengue syndromes »[29]
  • Hémolyse auto-immune, syndrome hémophagocytaire : rares mais potentiellement fatals ; corticostéroïdes ou IgIV parfois indiqués[20]

Prédicteurs de progression

Les facteurs les plus fiables de progression vers la dengue sévère pendant la phase fébrile[12] :

  • Hépatomégalie, saignement, douleur abdominale, léthargie
  • Augmentation de l'hématocrite, thrombopénie <100 000/µL
  • Infection secondaire (deuxième infection par un sérotype différent) — risque d'ADE (antibody-dependent enhancement)

Biologie

  • Thrombopénie (chez la plupart des patients) et leucopénie — apparaissent dès les premiers jours
  • Augmentation des ALAT et ASAT (en général modérée à 2–5× N) ; plus élevée si dengue sévère (>1 000 UI/L)
  • Hématocrite : clé de la surveillance — l'augmentation (émoconcentration) est le meilleur marqueur précoce de fuite plasmatique
  • CRP souvent peu élevée (utile pour le diagnostic différentiel avec les infections bactériennes)

⚠ Surveillance biologique minimale

Hémogramme (Ht + plaquettes) à J3 et J5 minimum après le début des symptômes, même si le patient semble aller mieux. L'hématocrite qui augmente alors que les plaquettes chutent = alarme de fuite plasmatique.[9]

Diagnostic

Performance des tests (méta-analyse Pillay et al. 2025, 161 études)

TestTiming optimalSensibilité (IC 95 %)Spécificité (IC 95 %)
NS1 ELISAJ0–J490 % (68–98)93 % (71–99)
RT-PCRJ0–J495 % (77–99)89 % (60–98)
IgM ELISAJ5–J1471 % (57–84)
ICT rapide NS1J0–J460–80 %Variable
Combo NS1 + IgM + IgGJ0–J1490 % (87–92)89 % (87–92)

Données : Pillay et al., Lancet Microbe 2025[13] ; Macedo et al. 2022/2024[31,32]

Facteurs diminuant la sensibilité du NS1

  • Infection secondaire : titre NS1 plus bas du fait des anticorps préexistants[13]
  • Sérotypes DENV-2 et DENV-4
  • Prélèvements tardifs (>J3–4)
  • Le NS1 peut cependant persister positif jusqu'à J9 en infection primaire

Sérologie IgM / IgG

  • IgM : apparaissent vers J3–J5, pic à J7–J14 ; réactions croisées avec Zika, fièvre jaune, encéphalite japonaise
  • IgG : plus tardivement en infection primaire (~J14) ; en infection secondaire, s'élèvent rapidement dès J1–J2 avec IgM parfois absente
  • Séroconversion IgG (quadruplement du titre) = diagnostic confirmé

Stratégie diagnostique recommandée pour le MG suisse

  1. J0–J5 après début des symptômes : test rapide combiné NS1 + IgM/IgG (disponible en cabinet) ; si NS1 positif → dengue confirmée[13,14]
  2. J5–J14 : IgM/IgG (NS1 moins sensible) ; confirmer par séroconversion si doute
  3. PCR : référence pour typage sérotypique (DENV-1 à 4) ; utile pour la déclaration et la surveillance ; non disponible en urgence en cabinet
  4. Un test négatif n'exclut pas la dengue — répéter à 24–48 h si forte suspicion clinique

⚠ En parallèle : toujours exclure le paludisme

Un frottis/goutte épaisse pour exclure le paludisme ET un test NS1/IgM dengue doivent être effectués simultanément chez tout voyageur fébrile de retour de zone tropicale. La co-infection malaria + dengue est possible.

Diagnostic différentiel

CatégoriePathologies
Priorité absoluePaludisme (toujours exclure en premier)
ArbovirosesChikungunya, Zika (même vecteur, même zone)
BactériennesLeptospirose, rickettsiose, fièvre entérique
Virales cosmopolitesGrippe, mononucléose, primo-VIH
Si rashRougeole, rubéole

Traitement

Principes généraux — traitement purement de soutien

  • Pas de traitement antiviral spécifique
  • Paracétamol pour la fièvre et les douleurs (max 4 g/j adulte)[9,10]
  • Hydratation orale abondante (solutions de réhydratation orale, jus de fruits, eau)

⚠ Contre-indications formelles

  • PAS d'AINS (ibuprofène, diclofeénac, naproxène) — risque hémorragique
  • PAS d'aspirine — risque de syndrome de Reye (enfants) et aggravation des saignements
  • PAS de transfusion plaquettaire prophylactique (sauf saignement actif sévère)[9,10]
  • PAS d'antibiotiques (infection virale)
  • PAS de corticostéroïdes (pas d'évidence de bénéfice) — sauf syndrome hémophagocytaire[20]

Surveillance ambulatoire (Groupe A)

  • Information du patient sur les warning signs (fournir une liste écrite)
  • Consultation de suivi quotidienne ou tous les 2 jours pendant la phase critique (J3–J7)
  • Contrôle FSC (émogramme) à J3 et J5 minimum : surveiller hématocrite (hémoconcentration → fuite plasmatique) et plaquettes
  • Si apparition de warning signs → hospitalisation immédiate

Hospitalisation (Groupes B2 et C)

SituationRemplissage IVSurveillance
Groupe B2 (warning signs)NaCl 0,9 % ou Ringer Lactate ; débuter à 5–7 mL/kg/h pendant 1–2 h, puis réduire selon Ht et cliniqueHoraire : pouls, PA, diurèse, Ht
Groupe C (choc)Bolus 10–20 mL/kg ; si réfractaire : colloïdesSoins intensifs, monitoring continu
Saignement sévèreConcentrés érythrocytaires si instabilité hémodynamique ; plaquettes si saignement actif + <10 000/µLBiologie répétée

Algorithmes : PAHO 2024[11] ; OMS Guidelines 2025[10]

Critères de sortie d'hospitalisation

  • Afébrile depuis >48 h sans antipyrétiques
  • Amélioration clinique (appétit, bien-être)
  • Hématocrite stable
  • Plaquettes en hausse (>50 000/µL et en ascension)
  • Pas de détresse respiratoire[10,11]

Prévention

Mesures anti-vectorielles

  • Protection contre les piqûres de moustiques y compris le jour (Aedes pique principalement en journée)
  • Répulsifs cutanés à base de DEET (20–30 %), icaridine ou PMD
  • Vêtements longs imprégnés de perméthrine
  • Moustiquaires (utiles pour la sieste et pour les enfants en bas âge)
  • Climatisation / chambres fermées

Vaccination — Qdenga (TAK-003)

CaractéristiqueDétail
VaccinQdenga (TAK-003, Takeda) — vaccin vivant atténué tétravalent, squelette génétique DENV-2
Autorisation Swissmedic29 juillet 2024[15]
Schéma2 doses à 3 mois d'intervalle (voie SC)
Efficacité (54 mois)61 % toutes sévérités ; 84 % contre l'hospitalisation[15,16]
Par sérotypeÉlevée DENV-1 et DENV-2 ; plus faible DENV-3 ; données limitées DENV-4[16]
TolérabilitéProfil favorable chez les voyageurs (56 459 doses, Berlin) ; EI principalement locaux et systémiques légers[17]

Recommandation ECTM suisse (août 2024)

  • Vaccination NON recommandée pour les personnes sans antécédent de dengue (séronaïfs)[15]
  • Vaccination peut être recommandée pour les voyageurs ≥6 ans ayant une évidence d'infection dengue antérieure (PCR/Ag confirmée OU histoire compatible + IgG positive) ET exposition prévue à une région à transmission significative[15]
  • Préoccupation chez le séronaïf : risque théorique d'ADE comme observé avec Dengvaxia ; les données à 54 mois de TAK-003 ne montrent pas de signal de risque accru, mais la prudence reste de mise[15,16]

⚠ Dengvaxia (Sanofi)

NON recommandé pour les voyageurs. Nécessite un test sérologique préalable. Risque d'ADE chez les séronaïfs. Production arrêtée suite à la baisse de demande.[35]

Cas rapporté de dengue vaccinale (Pettersson et al., J Travel Med 2025) : infection DENV-2 induite par un sous-variant mineur présent dans le vaccin chez un voyageur suédois — nécessite des recherches supplémentaires.[18]

Pièges & perles cliniques

Ne pas penser à la dengue chez un voyageur fébrile

La dengue est la première cause de fièvre au retour de voyage en zone tropicale après le paludisme. Tout état fébrile dans les 14 jours suivant un retour de zone endémique doit faire évoquer la dengue. Un frottis/goutte épaisse ET un test NS1/IgM dengue doivent être effectués en parallèle.[1]

Prescrire des AINS par réflexe

Le réflexe « ibuprofène pour la fièvre » est dangereux dans la dengue : risque hémorragique majoré. Seul le paracétamol est autorisé. Si le patient a déjà pris des AINS avant le diagnostic → surveillance renforcée des signes hémorragiques.

Sous-estimer la phase critique (à la défervescence)

La chute de la fièvre (souvent vers J3–J5) donne un faux sentiment d'amélioration. C'est précisément à ce moment que la fuite plasmatique et la thrombopénie s'aggravent. Informer le patient : « la disparition de la fièvre ne signifie pas la guérison — consultez immédiatement si douleur abdominale, vomissements, saignement, ou malaise ».

Test NS1 négatif = dengue exclue ?

Non. La sensibilité du NS1 chute après J4 et en cas d'infection secondaire. Toujours compléter par IgM/IgG si prélèvement >J5. Répéter à 24–48 h si forte suspicion.[13,14]

Ne pas surveiller l'hématocrite

L'hématocrite qui augmente (hémoconcentration) est le meilleur marqueur précoce de fuite plasmatique. Une thrombopénie isolée sans surveillance de l'Ht peut masquer une progression vers le choc.[9]

Perles

  • La dengue tue rarement le voyageur : mortalité <0,1 % (1/5 958, GeoSentinel) mais 26,7 % d'hospitalisations — rassurer tout en restant vigilant[2]
  • Suivi J3 + J5 minimum : hémogramme (Ht + plaquettes) pour détecter la progression
  • Fournir une « carte warning signs » au patient : liste écrite des signes de danger avec instruction de consulter immédiatement
  • Penser à la co-infection : malaria + dengue ou dengue + chikungunya possibles dans les mêmes zones — ne pas s'arrêter au premier diagnostic positif
  • Déclaration obligatoire : ne pas oublier de déclarer à l'OFSP (délai 1 semaine)[1]

Conduite pratique pour le médecin de premier recours

Voyageur fébrile de retour de zone endémique

  1. Exclure le paludisme en priorité (frottis/goutte épaisse + TDR)
  2. Test rapide dengue : NS1 + IgM/IgG combiné (disponible en cabinet)
  3. Bilan biologique : NFS (Ht, plaquettes), CRP, transaminases, créatinine
  4. Évaluer les warning signs (cf. liste ci-dessus) → si présents : hospitaliser
  5. Si ambulatoire : paracétamol, hydratation, information écrite sur les warning signs, consultation de suivi à J3 et J5

Quand hospitaliser

  • Présence de warning signs (Groupe B2)
  • Dengue sévère (Groupe C)
  • Facteurs de risque sans possibilité de suivi rapproché (Groupe B1)
  • Vomissements empêchant l'hydratation orale
  • Hématocrite en hausse et/ou plaquettes en chute rapide

Message au patient

« Votre fièvre va probablement disparaitre dans quelques jours. C'est après la chute de la fièvre que la vigilance est maximale. Consultez immédiatement si : douleur abdominale forte, vomissements répétés, saignements (nez, gencives), fatigue extrême, vertiges. Prenez uniquement du paracétamol, jamais d'ibuprofène ni d'aspirine. Buvez abondamment. »

Quand référer ?

  • Dengue avec warning signs ou dengue sévère nécessitant un avis spécialisé
  • Incertitude diagnostique (co-infection, sérologie atypique)
  • Dengue chez une femme enceinte ou un patient immunosupprimé
  • Question sur la vaccination Qdenga (indication chez un voyageur séropositif dengue)
  • Cas complexe ou évolution inhabituelle

Référer le patient →

Références

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